22 mai 2008

Whisky et Paraboles – Roxanne Bouchard

«De quel calvaire suis-je donc descendue pour tout vendre d'un coup? Et fuir pendant des jours, des jours et des jours. Vouloir oublier. De fuites en aiguilles. Tellement de brouillards qui dansent. Des lambeaux de souvenirs. Et. »

Une jeune femme quitte tout pour aller s'installer au fond des bois. Elle veut refaire sa vie, recommencer à zéro. Mais les voisins sont là... Entre un gros gras grand musicien irresponsable qui accumule les lettres d'amour sans les ouvrir, un Amérindien qui lit Gaston Miron et un violoniste relayeur de folklore, elle a du mal à se franchir et le bar se transforme en refuge. Jusqu'à ce qu'arrive Agnès, une enfant battue de huit ans, qui s'attache à elle et s'acharne à entrer dans son histoire.

Whisky et Paraboles est le journal d'Élie, une jeune trentenaire, qui tente de se pardonner tout ce qu'elle ne peut pas être. En triturant les mots, en bousculant les phrases, elle cherche à exorciser les vieux démons de l'immobilisme, du prêt-à-penser et de la parole toute faite.

Malgré un début un peu troublant, j’ai rapidement embarqué dans l’histoire. En fait, à partir de l’arrivée d’Agnès/Amorosa, je n’ai pu m’empêcher de lire le reste du livre d’un trait. C’est une écriture particulière, remplie de non-dits, mais qui touche. En général, j’ai de la difficulté avec les livres qui essaient trop de reproduire l’oralité, mais dans celui-là, ça coule très bien et on a l’impression d’entendre les personnes parler. Surtout Amorosa, qui a des tics de langages liés à son âge. Le commun filtre avec l’ordinaire, on est emporté par les mots, par les gens, on s’y attache et, à la fin du livre, on ne veut pas les laisser partir…

Voici un extrait que j’ai particulièrement aimé :

« Je n’ai rien demandé parce que ça ne me regardait pas et qu’on est mieux, souvent, de ne pas formuler de questions; c’est la meilleure façon d’avoir des réponses » p. 75

C’est ce que je pense aussi, si bien que je passe souvent pour une personne désintéressée parce que je ne bombarde pas de questions. Parfois, je me force à en poser. Bien sûr, les réponses m’intéressent véritablement, mais j’ai toujours l’impression d’entrer dans le jardin secret des gens avec mes grosses bottes sales…

21 mai 2008

Normalité relative

Pour Collègue-Stagiaire, je suis bizarre, anormale. Pour elle, être normale c’est (déclarations réelles) :

  • Quitter le travail à 16h30 pile. Peu importe si quelqu’un attend après un courriel ou s’il y a une urgence à traiter.
  • Inventer une fausse raison pour éviter de finir ne serait-ce que 15 minutes plus tard, même si ça force les autres à terminer beaucoup plus tard parce qu’ils sont eux-mêmes débordés.
  • Détester son travail et le signifier à tout le monde, alors qu'on l'a délibérément choisi.
  • Dénigrer toute personne qui éprouve du plaisir à faire ce qu’il fait.
  • Compter chaque minute pris sur la pause à parler du travail pour pouvoir reprendre ces minutes non oisives plus tard.
  • S’enfermer dans son bureau en espérant que les superviseurs vont oublier son existence.
  • Se dire malade pour dormir plus longtemps après deux jours de stage.
  • Choisir son copain en fonction de son compte de banque actuel ou futur (futur rapproché).
  • Avoir comme but de ne pas travailler, de se faire vivre et de pouvoir acheter n’importe quoi quand l’envie nous prend.

Dans ces conditions, je suis fière d’être anormale. Je crois quand même que les trois prochains mois vont être longs...

19 mai 2008

Bonheur, marque déposée – Will Ferguson

Vous voulez perdre du poids? Abandonner la cigarette? Améliorer vos performances sexuelles? Libérer l’énergie intuitive de l’hémisphère gauche de votre cerveau? Stimuler votre enfant même s’il n’est encore qu’un fœtus? Ne cherchez plus! Lisez les livres des éditions Panderic et vous vivrez heureux. Bien que directeur de la collection « développement personnel », Edwin peine à mettre en pratique les précieux conseils distillés dans ses ouvrages : il boit trop, fume trop, trompe sa femme, sa vie est un désastre. Mais il a du flair : quand le manuscrit d’un mystérieux gourou atterrit sur son bureau, il sent qu’il tient un best-seller. Et ça marche! Les ventes décollent, l’humanité baigne dans la félicité. Peut-on imaginer une vie sans péchés et sans tentations? Qui pourra sauver le monde de ce bonheur intolérable?

Ce n’était vraiment pas le genre de livre auquel je m’attendais. Je croyais avoir affaire à un livre léger, drôle et à travers lequel on passe rapidement. Bien sûr, c’est facile à lire, mais l’histoire porte à réfléchir. Ce roman offre un regarde intéressant sur le milieu de l’édition (qui n’est pas réellement comme ça, je l’espère!), mais aussi, et surtout, sur la quête du bonheur. Il y a quand même plusieurs parties qui sont tirées par les cheveux et certains personnages sont très caricaturaux, mais l’ensemble reste fluide et on se surprend à rire à quelques reprises. À certains moments, sans trop savoir pourquoi exactement, j'ai trouvé que le style d'écriture ressemblait à Saga. C'est quand même bon signe, puisque c'est un livre que j'ai aimé, mais tout de même, je crois bien être la seule à voir un lien entre les deux!

18 mai 2008

Méli-mélo

Bra-vo

Je me suis enfermée dehors hier. J’avais oublié mes clés sur mon bureau. D’habitude, je vérifie toujours avant de partir, mais j’avais trop hâte d’aller profiter du soleil il faut croire. Ce n’est qu’en sortant du métro pour revenir chez moi que j’ai allumé. En plus, je savais que ma coloc était partie pour tout l’après-midi et peut-être même la soirée. 13 h, dehors pour le reste de la journée. J’ai appelé J. et je suis allée squatter chez elle tout en laissant un message à ma coloc de me rappeler. Finalement, j’ai réussi à la joindre à 20h30, juste avant qu’elle parte passer le reste de la fin de semaine à Québec… Il est vraiment temps que je lui demande le numéro du propriétaire…

Les chroniques de Narnia : Prince Caspian
Beaucoup moins de magie que dans le premier, mais tout aussi intéressant. C’est vraiment rare que je trouve les films supérieurs, et de loin, aux livres. Beaucoup plus d’actions, les effets spéciaux sont particulièrement réussis. J’ai beaucoup aimé la scène avec la rivière. J’espère qu’ils vont en faire un troisième, mais la fin du film laisse penser que oui.

Edit : La suite en en préproduction pour une sortie en 2010!

Coup de tête de nuit
En revenant du cinéma avec J. hier, elle a décidé qu’il était temps que j’apprenne à conduire manuel. Une heure de matin semblait pour elle le meilleur moment pour cet apprentissage. Il paraît que j’appends vite, mais je vais quand même me méfier la prochaine fois que j’embarque avec elle à l’heure de pointe… d’un coup qu’elle voudrait continuer à ce moment-là!

Les envahisseuses – Linda Jaivin
Avec le résumé du livre, je ne m’attendais pas à des miracles, mais je croyais quand même que ce serait meilleur que ça. Je ne l’ai pas encore terminé, mais comme il ne reste qu’une vingtaine de pages, je devrais le finir aujourd’hui. J’ai failli l’abandonner à quelques reprises. Ce livre n’est qu’une tonne de prétextes pour parler de sexe, dans toutes les conditions, pour ne pas dire, dans toutes les positions – avec des extraterrestres qui changent de forme, celles-ci sont multipliées. Bref, une déception plus ou moins prévisible.

P.-S.
Quand on le sait qu’on va se faire avoir, qu’on fonce tout de même, et qu’on se fait finalement avoir… Ne devrait-on pas se sentir un peu mieux, parce qu’on l’avait vu venir?

09 mai 2008

Langue de bois

Quelle surprise ce matin d’entendre la voix du métro nous dire la vérité. À la place de « un événement hors de notre contrôle nous forme à interrompre le service sur la ligne orange », on a eu droit à « nous devons interrompre le service à cause d’une tentative de suicide ». Oui, c’est direct, mais au moins, ça dit les vraies choses.

Bon, c’est un peu moins édifiant d’entendre les commentaires à la suite de ce message, mais ça, c’est une autre histoire…

Future cliente fidèle

Sur un des nombreux étages de la tour où je fais mon stage, il y a plusieurs restaurants et dépanneur. Ça va du McDo au Couche-Tard en passant par tous les dérivés de restaurants asiatiques. Cependant, il y a aussi un endroit spécialisé dans les salades. Bien oui, une salade sur mesure avec tous les fruits et légumes inimaginables. C’est tenu par des Libanais qui sont, ma foi, très bons pour fidéliser leurs clients! Pendant que j’attendais ma commande, ce matin, j’ai eu droit à un genre de smoothies fraîchement fait, pour essayer la nouvelle recette. Et j’ai aussi eu le bonheur de goût à leur nouvelle spécialité : le pouding d’avocat et noix, pas encore parfait, mais ça devrait être délicieux.

Tout ça, servi par des gens sympathiques qui te parlent comme si tu étais une cliente de longue date. Ils viennent de gagner une cliente!